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Ca va... juste un peu de fatigue...

L’été est arrivé, le top des « grandes vacances » est donné, le soleil est (presque) au rendez-vous, des congés sont en approche pour beaucoup, les restrictions liées au confinement sont allégées… Candide pourrait dire que « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes » !


Pourtant …


Sans vraiment savoir d’où cela vient, Sam sent une certaine tension dans son organisme et une petite fatigue qui s’invite dans son quotidien. Sa patience avec ses proches semble être déjà partie en congés et une lassitude l’emporte parfois sur la réalisation de tâches pourtant simple… L’organisme de Sam lui envoie le message suivant « Help ! Je suis fatigué ! ».


Oui mais…


Cette année Sam a eu une fin d’année avec une charge de travail on ne peut plus allégée, voire des périodes de chômage partiel, ses albums photos sont (presque) à jour, son jardin est entretenu comme jamais… donc d’où vient cette fatigue ?


Alors ?


Ca n’est un scoop pour personne : ces derniers mois ont été pour le moins inhabituels. La propagation du virus et les diverses consignes de confinement ont impliqué la nécessité de réorganiser tout un mode de vie dans l’urgence et à faire preuve d’une grande capacité d’adaptation. Selon Stora (2005), « lorsque les individus font face quotidiennement à des attaques de diverse nature, des pertes, des frustrations et des menaces évoquant des conséquences redoutées. […]Les sentiments et émotions liés à ces différents facteurs externes du stress peuvent remettre en question l’homéostasie individuelle, c’est-à-dire l’équilibre psychique, émotionnel et somatique ». Ainsi, après avoir sur-sollicité ses ressources cognitives, le corps de Sam s’exprime également.


En nous inspirant du Syndrome Général d’Adaptation développé par Hans Selye (SGA pour les plus initiés), nous proposons la lecture suivante :


ALERTE !!!


La propagation du virus est annoncée, les écoles sont fermées, un confinement généralisé commence à être évoqué avec le spectre des difficultés économiques qui en résulteront… il faut réagir vite !

On s’énerve / on pleure/ on reste stoïque (rayez la mention inutile). Attaque, fuite ou sidération : le trio gagnant des réactions au stress !


RESISTANCE !


« Nous sommes en guerre » selon le discours du Président de la République. Charge à chacun d’élaborer son plan de bataille : penser une nouvelle organisation familiale ou en solo, s’improviser télé-travailleur et/ou professeur, installer un bureau sur un coin de table, prévoir un stock alimentaire, découvrir les joies de la visio, annuler les évènements conviviaux qui étaient prévus, gérer ses sorties en respectant le cadre légal, scruter le moindre éternuement chez ses proches…


Une sorte de routine pourra apparaître au cours des semaines. Cela ne veut pas dire que l’organisme est revenu à un état de tension « normal » car il est toujours en veille sur d’éventuelles nouvelles adaptations à mettre en place. Ce travail de veille constant puise dans les ressources cognitives de chacun et ont des répercussions sur le plan physique : migraine, problèmes digestifs, fatigue…

VICTOIRE ?


La fin du confinement est annoncée ! Faites sonner les trompettes, armez les feux d’artifices… ha non… IL, le Covid 19, est toujours parmi nous, à rôder, invisible… Nous replongeons dans un simulacre de quotidien où les masques nous rappellent qu’IL est toujours là. Ce temps de retour à la normal ou « l’anormal » comme on peut le lire dans certains articles, est impacté par la persistance de cet agent stresseur qu’est le virus. Selon Légeron (2008), « c’est l’évaluation d’une menace sans possibilités d’y faire face avec suffisamment de ressources qui s’avère être nocif pour l’individu ».

Certains souhaitent reprendre leur vie « comme avant » sans que cela ne soit totalement possible. D’autres ont pensé une « vie post-confinement » plus en lien avec leurs valeurs et aspirations profondes et se rendent compte que les contraintes du quotidien reviennent en force. Enfin, quelques-uns trouvent dans ce mixte entre déconfinement et application de gestes barrières, une transition sécurisante pour faire face à l’épidémie et éviter une seconde vague. Ces divers cas de figures nécessitent une gymnastique cognitive très importante.


Le risque lié à l’agent stresseur qu’est le Covid semble plus lointain et donc la résistance diminue. Cela permet une régression des symptômes associés mais requiert aussi une phase de récupération, comme dans tout effort réalisé !


RECUPERATION !


Comme l’athlète ayant couru un marathon, votre organisme a aussi le droit à son temps de récupération. Oui vous êtes fatigué(e) et c’est tout à fait logique ! Alors on prend soin de soi, on se cocoone et on s’accorde un repos bien mérité !

Cet article offre une présentation schématique. Il existe bien entendu de grandes variations inter-individuelles dans la façon d’appréhender les situations que nous vivons et d’y faire face. Si toutefois vous vous sentez en difficulté actuellement (ou que vous vous inquiétez pour l’un de vos proches), n’hésitez pas à en faire part à votre entourage. Si besoin des professionnels de santé sont là pour vous accompagner.


Références :

- Légeron, Patrick. « Le stress professionnel », L'information psychiatrique, vol. volume 84, no. 9, 2008, pp. 809-820.

- Stora, Jean-Benjamin. « Le stress », Que Sais-Je ? 2005, 127 p.

Photo : Christian Fregnan

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